Dossier historique

L’histoire de Mirapolis

Avant Disneyland Paris, la ville nouvelle de Cergy-Pontoise a accueilli l’un des projets de parc à thème les plus ambitieux de France.

Un parc imaginé au début des années 1980

Mirapolis est conçu autour d’un univers inspiré de la culture et des légendes françaises. Le projet est porté par l’architecte Anne Fourcade et prend forme à Courdimanche, sur un ancien domaine agricole. Dès 1985, les reportages télévisés présentent un projet gigantesque : plusieurs dizaines d’hectares, des attractions inédites et un objectif de fréquentation très élevé.

Le nom associe « mira », la merveille, et « polis », la ville. Le projet ambitionne de construire une « ville des merveilles » française au moment où plusieurs grands parcs sont imaginés dans le pays. Un article du Monde publié avant l’ouverture décrit 36 animations sur 55 hectares, pour un investissement annoncé de 500 millions de francs.

1987 : l’ouverture

Le parc est inauguré le 20 mai 1987. Sa silhouette est dominée par Gargantua, gigantesque personnage visible de loin. L’ouverture est cependant immédiatement perturbée par de violents incidents avec des forains venus protester contre les différences de fiscalité entre leurs activités et les nouveaux parcs de loisirs.

Gargantua et les mondes de Mirapolis

Le monument de Gargantua, haut d’environ 35 mètres, sert à la fois de repère architectural et d’enveloppe à un parcours scénique. Le parc décline contes, littérature et imaginaire français : le Palais de Dame Tartine, la cité d’Ys, la Cité des Robots, la forêt de Brocéliande ou encore Léonard de Vinci. Cette ambition culturelle le distingue des fêtes foraines traditionnelles, mais rend aussi son positionnement plus difficile à expliquer au grand public.

Une fréquentation insuffisante

Les années suivantes sont marquées par des changements de direction, de lourds investissements et plusieurs tentatives de relance. Le Club Med prend un temps la direction du parc. La fréquentation progresse mais reste insuffisante pour atteindre durablement l’équilibre financier.

D’après le dossier rétrospectif de l’INA, environ 600 000 visiteurs fréquentent le parc pendant sa première saison, soit moins du tiers de l’objectif. En 1988, le Club Med mène une relance et la fréquentation atteint un million de visiteurs, encore sous le seuil d’équilibre présenté alors à 1,1 million.

Les forains reprennent Mirapolis

À la fin des années 1980, un collectif de forains autour de Marcel Campion intervient dans la reprise du parc. Des attractions foraines sont ajoutées, mais les difficultés financières persistent. Mirapolis ferme définitivement après la saison 1991.

1995 : la disparition de Gargantua

Le site reste à l’abandon plusieurs années. En 1995, la célèbre tête de Gargantua est détruite. L’ancien parc devient ensuite un terrain sans activité touristique permanente, mais le souvenir de Mirapolis demeure très présent dans l’histoire locale.

Bâtiment subsistant à l’entrée de l’ancien parc Mirapolis en 2025
Un bâtiment subsistant à l’entrée de l’ancien parc en 2025 — photo VVVCFFrance, Wikimedia Commons, domaine public CC0.

Où se trouvait Mirapolis ?

L’ancien parc occupait un vaste terrain à Courdimanche, à l’ouest de l’agglomération de Cergy-Pontoise. La carte IGN ci-dessous est centrée sur les coordonnées historiques du parc. Le fond mixte permet de confronter les repères actuels à la photographie aérienne ; il ne constitue pas une carte officielle de l’emprise du nouveau projet.

Fond cartographique et photographies aériennes : IGN. Point central indicatif d’après les coordonnées publiques de l’ancien parc.

Mirapolis vu du ciel à différentes époques

Cette carte narrative publiée sur la plateforme Ma Carte de l’IGN permet de parcourir les photographies aériennes disponibles à différentes dates. Elle aide à repérer le domaine agricole avant le chantier, l’emprise du parc pendant son exploitation puis la transformation progressive du terrain après sa fermeture.

Ressource externe hébergée par Ma Carte IGN. Les dates, fonds photographiques et contenus affichés sont ceux de la carte narrative d’origine.

Ce que Mirapolis enseigne — sans prédire l’avenir

Le précédent rappelle l’importance d’un calendrier réaliste, d’une desserte adaptée, d’un positionnement lisible et d’hypothèses de fréquentation prudentes. Il ne permet toutefois pas de conclure qu’un nouveau parc échouerait : le marché touristique, la population francilienne, les transports et les méthodes d’exploitation ont profondément changé depuis 1987.